Les députés gabonais ont voté mardi soir la dépénalisation des rapports homosexuels, annulant un amendement du code pénal voté un an plus tôt qui condamnait l’homosexualité comme une « atteinte aux mœurs ».
Rétropédalage du gouvernement

Le Gabon est devenu hier l’un des premiers pays d’Afrique subsaharienne à dépénaliser l’homosexualité… enfin, presque. Ce mardi 23 juin, l’Assemblée nationale gabonaise a voté une loi revenant sur l’interdiction des relations sexuelles de couples de même sexe, qui avait adoptée en juillet dernier. Après plusieurs heures de débat, 48 députés ont donc voté en faveur de la dépénalisation. 24 ont voté contre et 25 se sont abstenus, indique l’agence de presse Reuters.

L’opposition a contesté le vote, qui n’aurait pas, selon elle, recueilli de majorité absolue. « Quarante-huit députés ébranlent toute une Nation et ses us et coutumes » a déclaré un député hostile, qui a réclamé un second vote. Le Sénat doit encore voter le texte – porté par le Premier ministre – pour qu’il puisse entrer en application. Contrairement à de nombreux pays voisins où des lois héritées de la colonisation punissent durement les relations entre personnes de même sexe, le Gabon, depuis 1960, n’interdisait pas l’homosexualité.

En juillet 2019, le Parlement a donc voté une loi –intégrée au Code pénal en octobre– qui prévoit que les relations entre personnes de même sexe pourront désormais faire l’objet d’une condamnation jusqu’à six mois de prison ainsi qu’une amende de 5 millions de francs CFA, soit 7.621 euros. L’homosexualité y est encore largement considérée comme tabou et le mariage reste interdit.

La situation en Afrique subsaharienne

Selon le dernier rapport de l’Association Internationale des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans et Intersexes (Ilga), 70 pays (dont le Gabon) pénalisent encore l’homosexualité dont 32 en Afrique. Six pays imposent même la peine de mort, et dans cinq, elle est techniquement possible.

Ces dernières années, le Bostwana, l’Angola, le Mozambique et les Seychelles ont autorisé les relations homosexuelles. Mais au Tchad, au Nigeria ou au Burundi, les législations ont LGBTphobes ont été renforcées.

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